Sublimation


Bastien Pantalé






4e de couverture :
Bordeaux, place de la Bourse, une œuvre d’art intrigue les passants. Le meurtre atroce qu’elle dissimule annonce une psychose sans précédent.
Dans son atelier parisien, Damian Leisenberg subit les assauts de visions persistantes, des scènes macabres laissant présager le pire.
Le controversé capitaine Bonhoure se lance sur la piste d’un tueur en série pour le moins créatif, mais face à la complexité de l’enquête, ses dons de criminologue ne seront rien sans les avis éclairés du lieutenant Torrès.
Du port de la lune à Paris, le duo d’enquêteurs, impuissant, assiste au décompte des victimes.
Dans la lignée de Seven, un thriller psychologique qui changera à jamais votre regard sur l’art.


Mon avis :
J’avais salué, il y a déjà un certain temps, l’imagination fertile de Bastien Pantalé… Il faut dire que le sujet s’y prêtait, puisqu’il s’agissait d’un roman de science-fiction. Avec Sublimation, l’auteur s’attaque au genre policier, et je dois dire que j’ai été un petit peu déçu sur ce point. Ce roman, par ailleurs plutôt bien écrit (même si deux ou trois phrases m’ont légèrement égratigné l’œil, mais vous savez combien je suis « chicaneur »), est d’un classicisme tel que malgré la singularité des meurtres décrits, j’ai eu l’impression de l’avoir lu mille fois. Ce flic, Bonhoure, sort du moule éculé du policier « borderline » dont la vie privée va irrémédiablement croiser l’enquête. Sa seule marque de différence est son origine ethnique… C’est peu ! Ses rapports avec la hiérarchie sont exactement ceux que l’on s’attend à trouver : ceux d’en haut ne pensent qu’à leur carrière et se renvoient la patate chaude… Pas contre, il travaille avec une équipe soudée et efficace. On lui impose une fliquette parisienne, spécialisée dans le trafic d’art… Au début, le couple d’enquêteurs paraît prometteur, mais le capitaine tire trop la couverture à lui, au détriment de sa coéquipière dont le rôle aurait vraiment mérité d’être plus développé, d’autant que c’est ce qui touche à l’art qui donne son caractère à ce roman. Sans vouloir spolier le sujet, j’aurais vraiment préféré que le capitaine Bonhoure ait d’autres relations et que celles-ci ne viennent pas se mêler à l’histoire. Pour moi, il y avait encore de la matière à travailler dans la relation entre l’art et le crime, mais j’ai l’impression que l’auteur s’est laissé dépasser par la trop forte personnalité de son personnage principal. Il est vrai que quand un polar parle d’art, ma référence en la matière place la barre très haut : le magnifique roman de Jesse Kellerman, « Les visages », arrive à dessiner un réseau de liens entre la création artistique et l’acte criminel que je ne retrouve pas dans Sublimation. Malgré tous les efforts de l’auteur, si les motivations de l’artiste meurtrier sont claires, on manque de détails sur sa technique, son élan créatif, et la trop forte présence de Bonhoure vient brouiller le message et nuit à l’ensemble.
Vous l’aurez compris, je n’ai pas adhéré à cent pour cent au roman de Bastien Pantalé, mais il ne démérite pas pour autant. Son écriture est agréable et son histoire très bien menée, sans temps mort, avec un niveau de suspense satisfaisant pour une affaire dont on connaît assez tôt tous les protagonistes. Malgré les réserves que j’y mets, on passe quand même un bon moment tout en apprenant (ou révisant, ça dépend de son niveau de culture en matière d’art) quelques détails historiques sur les neuf muses de la mythologie. Pour moi, un roman qui instruit, c’est automatiquement des points en plus en sa faveur, ou des bonnes raisons supplémentaires pour le lire.
Pour conclure, ce roman bien réussi pour la forme a raté sa sublimation, sans doute à cause d’un mauvais dosage des ingrédients. Reste un bon polar qui tient la route, mais qui, pour moi, n’est pas complètement achevé.

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