Sale temps pour les concierges


Évelyne Judrin






4e de couverture :
Blum, ancien commissaire devenu écrivain détective, semble s’être assagi. Heureux en ménage, il partage son temps entre son nouveau roman et son bébé tout neuf. Et lorsqu’il tombe par hasard sur l’un de ses anciens indics, il se réjouit de l’aubaine : l’inspiration tombée du ciel ! Mais le temps se gâte : son indic est assassiné et le lieutenant Koblanski, chargé de l’enquête, semble vouloir l’incriminer. Ce n’est que le début d’une pluie d’ennuis… et de cadavres.


Mon avis :
Sale temps pour les concierges est le deuxième tome des enquêtes de Blum. N’ayant pas lu le premier volet, je découvre ici cet ancien flic reconverti, mais les histoires étant autonomes, cela ne nuit en rien à la lecture. D’ailleurs, rien ne nuit à la lecture, dans ce roman écrit d’une plume aussi habile que lumineuse. Évelyne Judrin donne dans le polar, certes, mais pas dans le roman noir ! Bien sûr, on y trouve des flics, des sales types, des coups plus ou moins bien montés, des butins à prendre… ou à laisser, des secrets pas toujours propres, des fausses pistes, de vrais indices et encore quelques morts pour faire bonne mesure. Du polar, en somme !
Mais si vous êtes adepte du crade, des meurtriers sordides, des poulets dépressifs et alcooliques, des scènes sanguinolentes avec descriptions façon étal de boucherie, passez votre chemin. Ou plutôt, non ! Arrêtez-vous et prenez un bol d’air frais en vous plongeant dans ce petit bouquin.
Si les mésaventures subies par les victimes sont tout aussi sérieuses que les investigations des enquêteurs, l’auteur ne cherche jamais à séduire son lectorat en le prenant par ses instincts les plus vils. Pas d’étalage d’horreur, donc, mais pas de fausse pudeur non plus. Quand un coup de couteau est donné, il y a du sang ! Mais là n’est visiblement pas le fonds de commerce d’Évelyne Judrin. Son propos n’est pas de nous faire frémir, mais bien de partager son plaisir d’écrire. Car ça ne fait aucun doute, elle en a pris, à faire vivre sa galerie de personnages bien campés, hauts en couleur et forts en personnalité ; à promener sa plume dans les bas-quartiers de l’âme humaine en gardant grâce et légèreté, le tout relevé d’un humour tout en finesse.
Avec Sale temps pour les concierges, on est loin des polars hyperréalistes qui nous viennent de l’Europe du Nord ; c’est une pure fiction qui ne se prend pas au sérieux, mais c’est sacrément bien écrit et surtout, on prend énormément de plaisir. Et vous savez quoi ? Je ne serais pas étonné si, après cette lecture, vous en redemandiez.

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