Petrichor (ou l'odeur de la terre mouillée)

Frédéric Soulier




4e de couverture :
Corinne, jeune Française vivant à Berlin, fuit un mari infidèle et violent. Accompagnée de son fils de dix ans, elle trouve refuge au fin fond de la Creuse, dans la ferme de ses parents, paisibles agriculteurs retraités. Ce séjour va être l’occasion de remuer le souvenir de sa sœur et lever des secrets de famille profondément enfouis.


Mon avis :
Si vous n’aimez pas ce qui est glauque, à la limite du sordide, passez votre chemin. Frédéric Soulier se plaît dans les replis les plus sombres de l’âme humaine. D’ailleurs, il avertit son public : « Attention, cette nouvelle peut heurter les esprits les plus délicats. » Vous voilà prévenus !
Pour les autres, ceux qui ne craignent pas la fange, n’hésitez pas un instant, cette petite perle noire vous réjouira par la qualité de son écriture. Le style est assez percutant et le récit rondement mené. Les descriptions des scènes les plus barbares sont d’une précision chirurgicale, mais ce sont les méandres des esprits tourmentés des personnages qui représentent le côté le plus effrayant de ce récit.
Ce n’est pas le premier texte de Frédéric Soulier que je lis (et chronique), et si j’y reviens, c’est à n’en pas douter que j’apprécie le travail de cet auteur… Mais pourquoi, me dis-je à chaque fois, pourquoi, alors que je lis Le pendule de Foucault d’Umberto Eco, qui fait plus de six-cents pages, sans ouvrir le dictionnaire plus de cinq ou six fois, dois-je le garder à portée de main pour une nouvelle d’une cinquantaine de pages ? Certes, il serait déplacé de reprocher à un écrivain d’avoir un vocabulaire trop riche, j’en conviens, mais là, à mon goût, ça frise l’ostentatoire. Et Frédéric Soulier a un penchant particulier pour les termes tout droit sortis d’un dictionnaire médical. C’est précis, je l’admets, mais c’est à se demander s’il n’a pas manqué sa vocation, s’il ne rêvait pas, enfant, de devenir médecin.
C’est encore une fois, pour moi, le seul point qui gratte un peu. Le choix de certaines locutions complètement inusitées ou d’un vocabulaire trop professionnel ne me paraît pas toujours judicieux et peut décontenancer une partie du lectorat qui s’intéresse à ce genre de littérature.

Ce qui ne m’empêche pas de vous conseiller vivement la lecture de ce court roman écrit au scalpel.

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