Montmartre ensorcelé


Alexis Boucot





4e de couverture :
Le cœur de Montmartre et ses personnages hauts en couleur, le boulevard de Clichy et ses cabarets, la Belle Époque de l’insouciance et du divertissement, celui du vieux Paris de 1900 qui vit les sursauts du progrès, du modernisme et de l’urbanisation. C’est aussi le décor pittoresque du maquis que traversent les besogneux, les artistes et les rôdeurs du soir. Quant aux enfants de cette histoire, ils aspirent à la liberté et à l’aventure hors de l’orphelinat. La magie apparaît au coin de la rue comme une échappatoire à leur mauvaise fortune. Elle les mène au mystérieux château des Brouillards puis dans les sinistres catacombes. Le surnaturel fait irruption dans un récit à suspense truffé de rebondissements. L’auteur restitue ici une époque de la vie parisienne à la frontière de l’étrange et du merveilleux, un genre qui n’est pas sans rappeler celui de la fantasy urbaine.


Mon avis :
Montmartre ensorcelé est un roman que j’ai pris plaisir à lire, mais qui me laisse l’impression de ne pas savoir à quel lectorat il s’adresse…
Côté plaisir : cette plongée dans le Paris de 1900 a l’élégance de ces dames à grand chapeau fleuri ou orné de plumes, que l’on imagine sans peine, sous la plume d’Alexis Boucot, marchant le long des vitrines des boulevards. Le langage aussi est à la mode de l’époque et participe à l’immersion dans ce Montmartre du début de vingtième siècle. On y redécouvre des mots oubliés comme on feuillette un album de cartes postales anciennes.
Côté critique : revenons justement sur cette langue… que j’ai trouvé parfois un peu trop démonstrative, comme si l’auteur voulait caser le plus de mots d’époque possible, rendant leur intégration dans le texte moins naturelle. D’autre part, si on apprend quelques expressions populaires, cela reste très civilisé… Pas de jurons, pas de mots orduriers, alors que la plupart des personnages qu’on y croise ne sont certainement pas du genre à dire « zut » plutôt que « merde » ! Les orphelins aussi sont un peu trop lisses, trop sages, malgré leur fugue. Quant à l’histoire, même si elle comporte sa part d’ombre, elle reste un peu trop enfantine à mon goût. Une espèce d’hybride entre « Le club des cinq » qui serait remonté dans le temps et un « Harry Potter » dilué à l’eau sucrée. Et pour couronner le tout, si le langage employé est pour moi une réussite, il vient encore brouiller le message, d’autant que l’époque (la nôtre), en littérature comme en cuisine, va plus volontiers vers le fast-food sans intérêt gustatif que vers la gastronomie. En conclusion, et pour rester dans la métaphore culinaire, j’ai apprécié la qualité des ingrédients, mais la recette n’est vraiment pas assez relevée !

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