Marges forcées (Autant en emporte de chergui…)

Elen Brig Koridwen



Résumé (réf. Amazon) :
À Casablanca, en 1960, Roger et Juliette Lebureau, « sauveurs de chiens perdus », repèrent un adolescent abandonné à lui-même depuis le remariage de sa mère.
Vic, loyal et débrouillard, assume plus ou moins la charge de ses demi-sœurs. S’apercevant un jour qu’elles sont maltraitées, il affronte son beau-père et tente de confier les petites à la garde des Lebureau.
Ceux-ci se battent pour tirer d’affaire le jeune marginal, qui tisse bientôt un lien étrange avec leur fille encore à naître.
Mais lorsque Maureen, sa grand-mère américaine, vient enlever Vic à la garde des Lebureau, cette mystérieuse connexion avec la petite Eva semble à jamais rompue.
Or, ce n’est pas ce qu’avait prédit Vincent de La Barre, l’aventurier à la Rimbaud qui a marqué les deux familles. Jadis amoureux d’Aline, la mère de Roger, Vincent avait confié à ce dernier juste avant de disparaître : « Les liens demeurent, et un jour, tout recommence… »


Mon avis :
Je ne vais pas vous le taire plus longtemps, Marges forcées est l’un de mes coups de cœur de ce premier trimestre 2016. J’avoue que la couverture, si je l’avais aperçue sur les rayons de mon libraire favori, ne m’aurait pas attiré. J’y aurais vu une romance, genre que je ne prise guère. À un deuxième regard, le sous-titre m’aurait peut-être intrigué : Autant en emporte le chergui. L’aurais-je acheté pour autant ? Pas sûr ! Et j’aurais eu tort !
D’abord parce que l’histoire est passionnante du début à la fin. Elle foisonne d’idées, de péripéties, de personnages à la psychologie fouillée, au caractère bien défini.
Ensuite, parce que la plume délicate d’Elen Brig Koridwen est un pur régal. Son style élégant allié à un vocabulaire riche m’a séduit dès les premières lignes et procuré le même plaisir tout au long de ma lecture.
Une partie de l’histoire se déroule au Maroc, dans cette période particulière, après la fin du protectorat français, dans une famille « née et élevée ici ». On passe aussi quelque temps en France, en Israël et dans certains pays de proche et du Moyen-Orient. L’ambiance de ces années 60/70 est à chaque fois parfaitement rendue, ceux, nés assez tôt pour les avoir traversées, s’y sentiront comme chez eux, retrouvant quelques repères par le biais de détails historiques maîtrisés et impeccablement intégrés au récit.
Je pourrais ne dire que du bien de ce magnifique roman, mais j’ai sournoisement glissé à l’auteur que je trouverai quelques méchancetés à balancer… Je n’en ai trouvé qu’une :
Pourquoi diantre Vic, qui tient le rôle de chauffeur lors d’un casse, a-t-il choisi une Citroën SM ? D’accord, c’est un véhicule rapide, performant… Mais une deux portes, pour embarquer rapidement une équipe de casseurs, quelle erreur stratégique !
Allez, oubliez cette histoire d’automobile, c’est une « private joke ». Précipitez-vous plutôt sur cet excellent roman, vous ne le regretterez pas. Moi, dans la marge, je mets un 20.

Aucun commentaire: