L'huissier de justice, les vautours et le cabriolet

Frédéric Soulier





4e de couverture :
Un thriller rural de 17 000 mots. Maître Le Bian et sa maîtresse Céline partent en week-end torride dans les Grandes Causses, à bord du cabriolet flambant neuf de l’huissier de justice. Mais après une grave sortie de route, l’escapade romantique va se transformer en cauchemar.
AVERTISSEMENT : cette nouvelle est fortement déconseillée aux estomacs fragiles et aux âmes prudes. Certaines scènes pourraient heurter la sensibilité des lecteurs les plus délicats.


Mon avis :
Frédéric Soulier nous offre, comme à son habitude, une cuisine bien à sa sauce, c’est-à-dire à base de tripes et de sang, et fortement épicée. Si vous aimez fouir dans de sombres recoins, fourgonner parmi d’innommables détritus, tripatouiller les matières visqueuses et glauques, alors c’est cet auteur qu’il vous faut !
Encore une fois, l’auteur prend un malin (et jouissif) plaisir à mettre au grand jour les turpitudes les plus sordides de l’âme humaine. Je ne voudrais pas me mettre la corporation des huissiers de justice à dos, en disant que le choix de ce métier renforce le propos, mais tant pis, je le dis quand même ! Et puis, avouez, un huissier, des vautours… vous aussi, l’image vous fait sourire.
Comme il s’agit d’une nouvelle, je ne dirai rien de plus sur l’histoire, afin d’en laisser au lecteur tout le plaisir de la découverte. Ceux qui connaissent l’auteur remarqueront que pour ce récit, il a laissé tomber son « dictionnaire des mots que personne n’emploie » pour un langage toujours riche, mais épuré de ces verrues linguistiques. Ou presque ! J’ai quand même dû sortir le dictionnaire pour un terme qui n’est plus usité depuis au moins trois siècles, à part dans certains milieux juridiques. Dans ce cas, on lui pardonne, car on peut supposer que cette occurrence fait partie du vocabulaire d’un huissier de justice.

Pour le reste, si j’ai à nouveau apprécié le style et l’histoire, je suis resté un petit peu sur ma faim. Que voulez-vous ? Quand on a lu presque tout de l’auteur, on a de nombreux points de comparaison et on en devient plus exigeant ; pour moi, cette nouvelle n’est pas la meilleure qu’il ait pondue. Elle me paraît, malgré sa réelle qualité, un peu moins bien finie, moins léchée… Frédéric Soulier ne dément pas pour autant son exigence d’auteur, et L’huissier de justice, les vautours et le cabriolet a bien sa place au sein de son œuvre.

Aucun commentaire: