Les Farfelus


Céline Barré





4e de couverture :
Quel Pétrin ! et Péril au Fournil !, les deux premiers épisodes des Farfelus rassemblés en un seul volume. Il s’agit d’une série originale mêlant satire sociale et scène de vaudeville, situations loufoques et dialogues truculents. Les personnages de la série amusent, exaspèrent ou surprennent le lecteur mais ne le laissent pas indifférent.
Dans cette série, rien n’est vraisemblable mais tout est possible.
Résumé :
Jocelyne, boulangère quarantenaire, s’ennuie ferme. À la faveur d’une décision politique saugrenue, elle va reprendre en main le cours de son existence.
Comment va-t-elle faire pour lutter contre la toute-puissance du « Président de France » ?
Son fidèle époux va-t-il résister aux assauts de leur nouvelle vendeuse : sexy en diable, bonne à pas grand-chose mais prête à tout ?
Jocelyne recevra le soutien de deux femmes de tête. Suivez les destins croisés de Joce, Marie-Cécile de la Morne et Martine. Elles vous feront voyager du Cotentin jusqu’à la frontière espagnole en passant par Paris et l’Angleterre en compagnie de Francis Tatanne, Kevin Laverge, Petra Vulvona et Jean-Michel Bowy (entre autres farfelus).


Mon avis :
Je dois l’avouer, la littérature humoristique n’est pas mon genre de prédilection, mais à force de voir des publications à propos des livres de Céline Barré sur les réseaux sociaux, ça me démangeait de savoir de quoi il en retournait. Ne croyez pas pour autant que je suis un garçon sombre ou trop sérieux, j’aime bien me marrer, mais dans l’humour comme en cuisine, chacun a ses préférences. J’aime l’humour dans la littérature, pas forcément la littérature d’humour…
Tout ça pour dire que c’est avec un peu de retenue que j’ai ouvert Les farfelus. Il y avait, à priori, au moins une chose qui plaidait en sa faveur : on me promettait une satire sociale… Ça, j’en suis assez friand, et c’est sans doute ce qui a sauvé ma lecture.
Attention ! Je ne dis pas que ces deux volumes sont mauvais : l’histoire est très sympathique, les personnages sont réjouissants de fantaisie, de défauts sujets à moquerie, et l’auteure dose parfaitement l’épaisseur du trait pour les rendre amusants sans en faire de grossières caricatures. La trame narrative est solide et se suit sans anicroche. À part une ou deux phrases qui m’ont légèrement égratigné l’œil (« Joce endossa à nouveau l’habit dont elle trouvait qu’il seyait le plus mieux à son teint… », par exemple), l’ensemble est plutôt de bonne facture, d’un point de vue syntaxique.
Autrement dit : c’est bien écrit, mais je n’accroche pas ! Pire ! Il y a des choix dont je ne comprends ni l’intérêt ni l’éventuelle drôlerie. Comme, par exemple, transformer le baccalauréat en « calabauréat »… Cela frise la maltraitance vocabularistique ! Vous le voyez, je n’ai rien contre le fait d’inventer des mots, la preuve… mais parfois, est-ce bien utile ? Autant la déformation de certains noms rappelant des vedettes du show-biz fonctionne, autant celle de marques de produits ou d’institution me semble inutile, ou, au minimum, mériterait un meilleur traitement. Le « Canard Déchaîné » ou « Pôle Boulot » me paraissent un peu « bas de gamme » pour ne pas dire carrément « low cost »… Et pourquoi le nobliau junior roule-t-il en « Pursche » plutôt qu’en Porsche ? Du moment que la marque n’est pas traînée dans la boue ou ridiculisée, qu’on ne risque pas un procès pour diffamation, autant garder le vrai nom plutôt que d’en changer juste une lettre.
Là, vous vous dites : « il bloque sur ce détail, ou quoi ? » S’il est vrai que ces altérations des noms m’ont parfois agacé, la critique que j’en fais pourrait s’étendre à l’ensemble : de la même façon que certains patronymes sont des noms connus, voire célèbres, mais légèrement modifiés, la réalité dans laquelle évoluent les personnages ressemble fortement à la nôtre, mais un petit peu décalée. Et c’est justement cela qui m’a empêché de savourer pleinement cette histoire : le décalage est soit trop marqué − la dimension fictionnelle dilue alors le propos et la satire en perd sa puissance −, soit pas assez, et la métaphore ne prend pas, devient trop timide et s’affadit. Pour moi, c’est clairement le « pas assez » qui nuit à ce roman. Néanmoins, même s’il ne me fait pas décoller, il reste agréable à lire.
Bref, vous l’aurez compris, ces Farfelus n’ont pas vraiment répondu à mes attentes, cependant, je comprends tout à fait que cette série ait rencontré son lectorat. C’est vivant, le ton est mordant à souhait et écorche joyeusement quelques travers de notre société.
Quel Pétrin ! et Péril au Fournil ! ont tout ce qui faut pour plaire à ceux qui aiment les comédies légères sur fond de problèmes sociaux, mais risquent de laisser sur leur faim les lecteurs les plus exigeants.

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