Léa et Jules


Pierre Duprat





4e de couverture :
Marseille, novembre 2015.
Léa et Jules, sans être mariés, forment un couple heureux depuis quelques années. Ils décident de pimenter leur relation en fréquentant des clubs d’échangisme tout en instaurant des règles précises à ne pas transgresser.
Jusqu’au soir où Léa se laisse aller…
Quelques mois plus tard, alors que leur histoire a tourné au drame, des jeunes femmes sont violées et assassinées au sein même de la cité phocéenne.
Le commandant Pierre Fabre, du SRPJ de Marseille, et son équipe enquêtent…


Mon avis :
Que dire d’un roman quand, dès le début, vous comprenez qu’il sera bourré de défauts ? L’auteur démarre en mettant directement le lecteur en contact avec le criminel de l’histoire… et en se contredisant ! Les premières lignes laissent penser que le méchant chasse au hasard, pour affirmer un peu plus loin qu’il connaît les habitudes de sa proie. Des contradictions, il y en a d’autres, qui se mêlent joyeusement aux imprécisions, aux affirmations peu crédibles quand elles ne sont pas erronées. Mais les erreurs ne s’arrêtent pas à l’histoire, on en trouve aussi au niveau de l’écriture. Erreurs de temps : « Dehors, la pluie continuait à tomber et elle tente de deviner à quel insecte elle allait ressembler » Erreur de syntaxe : « Son dévolu se porta sur le “rivers of Babylon” des Boney M, et se mit à chanter à tue-tête ». C’est un dévolu chantant ! Et dans le genre syntaxique, on a droit à des fautes de français qui viennent du parler des plus défavorisés en matière d’éducation, avec des phrases comme : « Il essayait de se plaisanter à lui-même pour se donner du courage. » Ou celle-ci, dont je n’ai toujours pas compris le sens : « Attendre avait été de gagner la mort. »
Bon, je ne vais pas dresser la liste exhaustive de toutes les fautes, j’en ai deux pages (et encore, je n’ai pas tout relevé !), mais il est évident que si Pierre Duprat est capable d’inventer de sympathiques histoires policières, cela reste à un stade très amateur en ce qui concerne le travail sur les personnages et ce qu’ils vivent, et du niveau collège pour ce qui est de l’écriture. Seul, le déroulement plutôt bien pensé sauve un peu les meubles, et c’est sans doute ce qui m’a fait aller jusqu’au bout, mais cela ne suffit pas à faire un bon roman. Léa et Jules ne pourra satisfaire que les lecteurs les moins exigeants, et peut-être rencontrera-t-il un petit succès du côté de Marseille, pour son côté « produit du terroir ».
Sans l’auto-édition et les pseudo maisons d’édition qui gravitent autour et publient sans aucun filtre, ce roman n’aurait certainement jamais vu le jour. Du moins, pas dans l’état. Le seul bon point que je lui accorde, c’est que l’idée ferait une bonne base de scénario pour un téléfilm.

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