Le secret de Big Papa Wu


Diane Wei Liang
Traduit de l’anglais par Odile Demange.



4e de couverture :
Dans le Pékin moderne et consumériste où seuls comptent les signes extérieurs de richesse, le pouvoir et les relations, la jeune Mei Wang ne trouve pas sa place. Indépendante, idéaliste et intègre, Mei est une marginale dans cet univers sans foi ni loi.
À vingt-neuf ans, elle plaque son travail de fonctionnaire pour devenir la première femme détective de Pékin. Des ruelles obscures de la vieille ville aux quartiers neufs des nouveaux riches, à la recherche d’une antique pièce de Jade, Mei fouille le passé sombre de la cité millénaire hantée par les fantômes de la révolution culturelle, à la poursuite de sa propre histoire. Mais ce qu’elle va découvrir est bien pire que tout ce qu’elle avait pu imaginer…


Mon avis :
J’ai choisi ce livre sur la 4e de couv. Une femme détective dans la Chine d’aujourd’hui, ça promettait d’être intéressant… La première scène s’ouvre dans le bureau de la jeune Mei, alors qu’elle s’entretient avec un futur client… Je me dis « Super ! Direct dans le vif, façon polar américain des années 50, 60. À la Chandler, ou Dashiell Hammett ! »
Je n’aurais pas dû m’emballer ! Le client en question sort au bout de 60, 70 lignes… et on n’en entend plus jamais parler ! Ni de lui ni du travail pour lequel il se trouvait chez une détective privée ! Il faut attendre 66 pages avant qu’une autre affaire se présente à notre détective. Entre temps, je me suis demandé dans quel genre de littérature je me trouvais. Ça m’a paru très « rose ». Pas rose érotique, rose jeune fille romantique. Et moi, vous le savez, je préfère le noir !
Le reste du bouquin est à l’avenant. On passe d’une courte période où Mei fait son travail d’enquêtrice, à des chapitres où elle nous décrit ses états d’âme. En tout, le côté « policier » ne doit pas atteindre le tiers du volume.
Alors certes, on a une certaine vision de la chine moderne, un aperçu des épreuves par lesquelles ce pays et ses habitants sont passés depuis la révolution culturelle, mais tout ça reste en arrière-plan. Il y avait pourtant une bonne trame de départ, puisque la famille de Mei a vécu ces heures difficiles et que des liens tenus rattachent son histoire personnelle à son enquête. Mais l’auteur a sans doute une âme romantique, car elle met en avant les déboires sentimentaux de son héroïne. Quand on s’attend à lire un polar (le livre est paru chez 10-18, dans la collection Domaine policier), on ne peut qu’être déçu. Et la promesse de la dernière phrase de présentation n’est pas tenue. La encore, la découverte n’a pas de quoi faire frémir le lecteur. Ça reste dans le domaine de l’affectif, un peu comme si vous découvriez que votre grand-mère a eu pour amant un officier allemand…

Bref, si vous voulez du noir, passez votre chemin, mais si vous êtes un peu « fleur bleue », pourquoi pas ? C’est plutôt bien écrit et certainement agréable à lire pour qui aime ce genre.

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