Le rouge et le vert

de Jean-Bernard Pouy



4e de couverture :
Lors d’un de ces repas intellos mondains où les idées volent comme des enclumes, Averell (appelé ainsi par sa copine parce qu’il est daltonien) se voit proposer, par son hôte, un drôle de contrat : il est embauché pour enquêter. Sur quoi ? Mystère. Personne ne le sait. Même pas lui. Il doit le trouver.
Dès lors, pour ce personnage qui, dans le social, est un « nez », un créateur de parfum, le monde entier, du général au particulier, va sentir de plus en plus mauvais.


Jean-Bernard Pouy, né en 1946, a fait l’essentiel : planté un arbre, construit une maison, créé un personnage, généré deux enfants, aimé la Bretagne et écrit au moins un roman (dont onze à la Série Noire).


Mon avis :
Je ne sais pas vous, mais moi, j’aime bien Jean-Bernard Pouy. Comme auteur de romans noirs, je veux dire. Mais je suis sûr que je l’aimerais bien en tant qu’homme, aussi. Je ne sais pas pourquoi, une impression…
Toujours est-il qu’il est pour moi un des auteurs français les plus intéressants dans son domaine. Rien que ses titres, c’est déjà tout un roman : « Les roubignoles du destin » « La petite écuyère a cafté » « Spinoza encule Hegel » « La chasse au papou dans la pampa argentine »…
Jean-Bernard Pouy pratique l’écriture à contrainte, un exercice que j’apprécie également. Ses romans sont bourrés de références culturelles, notamment à propos d’autres livres (1280 âmes, par exemple) dont il n’hésite pas à utiliser l’incipit pour les attaques de chapitres. Et dans ses récits, il parle souvent… de romans !
Le rouge et le vert n’échappe pas à cette tendance, puisque le cœur du sujet est justement le roman noir. On y retrouve aussi le genre de personnage qu’il affectionne, décalé, pas vraiment intégré, le contraire du héros sûr de lui, ce qui amène toujours à une étude psychologique assez fouillée. Et puis, en arrière-plan, cet humour « pince-sans-rire » qui me séduit dans son écriture.
Encore une fois, le charme a opéré. J’ai pris un grand plaisir à la lecture de ce court roman, avec cependant l’impression d’être un peu resté sur ma faim, en ce qui concerne la chute. J’aime bien les fins ouvertes, qui laisse aux lecteurs un temps de réflexion, une possibilité d’imaginer son propre final, mais là, j’aurais aimé un peu de rab, une petite louche supplémentaire, histoire de satisfaire mon appétit.
Alors Le rouge et le vert n’est peut-être pas son meilleur roman, mais c’est du Jean-Bernard Pouy, et rien que pour ça, je ne peux qu’en conseiller la lecture.

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