L'arbre du dieu pendu

Alejandro Jodorowsky

Traduit de l’espagnol (Chili) par Mara Hernandez et René Solis




4e de couverture :

L’histoire des Jodorowsky débute en Ukraine en 1903. Teresa, furieuse contre le dieu de la Thora qui lui a enlevé son fils décide de se faire goy. Son mari voit le rabbin en cachette, accepte de changer son nom de Lévi en Jodorowsky et d’émigrer en Amérique du Sud. De ses aïeuls débarqués au Chili au début de XXe siècle, le fameux Alejandro dit tout, et peut-être plus encore…

Mon avis :

Un bien étrange roman que cet « Arbre du dieu pendu ». Si l’on s’attend à une saga familiale, et bien, c’en est une, en effet : celle de la famille de l’auteur qui fuit les pogroms pour se réfugier en Amérique du Sud sous un nom d’emprunt. Mais l’auteur va beaucoup plus loin que la seule relation d’un exil qui pourrait être celui de n’importe quelle famille juive, durant cette époque cruelle. Cette histoire, il la sublime, la magnifie à la manière d’un enfant pour qui les parents sont des héros. Il en fait un conte fantastique où se côtoient la politique, le mysticisme, la magie, le symbolisme…

Cela donne un récit d’une grande beauté, un écrit d’une grande finesse où le comique côtoie le tragique, l’imaginaire, la réalité la plus crue. Plus que l’histoire de sa famille, Alejandro Jodorowsky nous parle des liens subtils qui nous relient à nos ancêtres.

« L’arbre généalogique me paraît de première importance, expliquait-il au printemps dernier dans El Pais lors de la sortie en Espagne de son roman L’Arbre du dieu pendu. Nous sommes comme le vaudou possédés par tous les personnages de notre arbre généalogique. Je crois que notre famille est comme notre inconscient. On est marqué par elle génétiquement, mais aussi psychologiquement, et Castaneda va encore plus loin en disant que notre famille nous marque énergétiquement. » Le titre espagnol, « Donde mejor canta el pajaro » était tiré d’une phrase de Jean Cocteau : « C’est dans son arbre généalogique que l’oiseau chante le mieux. » En français, l’éditeur a préféré choisir une carte du tarot, L’Arbre du dieu pendu. (extrait d’un article de Nicole Zand, Le Monde 16 mars 1996).

L’arbre du dieu pendu ravira les lecteurs les plus exigeants, mais il peut aussi dérouter ceux qui n’apprécient pas une littérature qui flirte avec le surréalisme. L’imagination débridée de l’auteur nous emmène bien loin des romans-témoignages, mais par ces chemins tortueux, propose aux lecteurs une réflexion « extraordinaire » sur le poids du passé.

Aucun commentaire: