L'appel du mal

Lisa Unger.
Traduit de l'américain par Delphine Santos.



4e de couverture :
Lana Granger est étudiante en psychologie à l’université des Hollows, une petite ville tranquille de l’état de New York. Pour financer ses études, mais aussi pour mettre ses connaissances en pratique, elle prend un emploi de baby-sitter auprès de Luke, un jeune garçon à l’esprit perturbé et au comportement étrange. Déjà renvoyé de plusieurs écoles, le jeune adolescent se révèle manipulateur et cruel, prêt à toutes les manœuvres, à tous les mensonges pour contrôler ses semblables.
Un soir, la meilleure amie de Lana disparaît brutalement du foyer universitaire. Les policiers entendent tous les étudiants et arrivent à la conclusion que l’alibi de Lana ne tient pas. Ils savent qu’elle ment. Et ils savent aussi que quelqu’un d’autre connaît ses mensonges.
En matière de dissimulation et de perversité, Luke aurait-il finalement rencontré plus fort que lui ?


Lisa Unger est née en 1970 à New Haven, dans le Connecticut. Elle a publié plus de trente romans et plusieurs d’entre eux ont été récompensés par les plus grands prix américains. L’appel du mal a figuré sur la liste des meilleures ventes du New York Times.


Mon avis :
Je dois dire que ce roman, durant une bonne moitié de sa lecture, m’a agacé. Pas au point de le lâcher en cours, non ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteur sait tenir ses lecteurs en haleine. On a qu’une hâte, c’est de tourner la page pour voir ce qui se trouve au verso. Et même si les révélations qui se dévoilent petit à petit, notamment à travers le journal d’une femme dont on ne sait pas trop, au début, de qui elle est la mère, nous amènent à deviner bien des choses, Lisa Unger a l’art de nous mener par le bout des yeux.
C’est diablement bien ficelé !
Ce qui m’a agacé, c’est cette répétition constante, presque à chaque page (du moins dans la première partie), de l’héroïne, Lana Granger, qui nous dit sans arrêt qu’elle a un secret. Comme un enfant qui chantonne à vos oreilles « J’te l’dirai pas, j’te l’dirai pas ! » tout en mourant d’envie de tout vous révéler.
C’est vraiment agaçant ! Oui, je sais, moi aussi, je me répète… Vous voyez comme c’est agaçant !
Blague à part, cette itération du thème n’en est pas vraiment une. Ce que je considérais, au départ, comme une maladresse de l’auteur apparaît finalement comme le reflet du mal-être de son personnage, de son instabilité émotionnelle, et de ses obsessions dues à des traumatismes. Et on finit pas se dire que c’est sacrément bien joué…
Personnellement, j’ai compris assez rapidement la plupart des mécanismes de l’histoire, ce qui a un peu gâché la surprise du dénouement, mais dans l’ensemble, j’ai plutôt aimé ce roman psychologique qui nous entraîne dans l’univers des enfants mentalement instables. J’ai regretté, par contre, quelques approximations de la traduction, signe d’une relecture un peu légère. Il y en a peu, mais à deux ou trois occasions, on se demande ce que certaines phrases veulent dire. Ici, l’auteur n’y est sans doute pour rien, mais l’éditeur français, lui, n’a pas été au bout de son travail.
Ce livre reste néanmoins un bon thriller, efficace et bien écrit. Son univers n’a rien de totalement inédit, mais l’angle choisi est assez original et l’atmosphère lourde et angoissante tient le lecteur jusqu’au dernier chapitre.


Il mérite bien les quatre étoiles que je lui attribue.

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