La Reine des neiges


Laura MacLeod





4e de couverture :
Par une matinée d’hiver, une femme congelée est retrouvée engoncée dans la cargaison d’un semi-remorque accidenté. Elle porte une guêpière. Des bas résille moulent ses jambes. Oleg Krikov et Valéry Parov, chargés de l’enquête, lisent, abasourdis, le rapport d’autopsie. L’ADN révèle une hybridation spectaculaire affirme le médecin légiste Irina Krougine.
Trois jours plus tard, des enfants découvrent, enfouie dans une congère, une jeune femme vêtue de dentelles. « La Reine des neiges, » murmure un des petits. Bien qu’infime, son pouls bat encore. Elle vit. D’où vient-elle ? Comment a-t-elle pu résister à la morsure du froid ? Se réveillera-t-elle de son coma ?
Krikov et Parov soupçonnent Mikhaïl Yegourine, un mafioso sans scrupules, d’être mêlé à ces événements surprenants. Réussiront-ils à monter un dossier sans faille contre lui ? Pourront-ils percer le mystère de l’ADN hybride ?
La Reine des neiges : un univers où les marchés du sexe et de la pharmaceutique s’allient dans une intrigue haletante.
La Reine des neiges : un monde où les femmes sont des produits avec date de péremption.


Mon avis :
S’il y a bien un endroit où l’on a peu l’habitude de voir s’y dérouler l’action de nos romans policiers, c’est la Russie ! Et plus particulièrement Moscou, en ce qui concerne celui-ci. Quand en plus, pour me mettre dans l’ambiance en cette fin de février, une vague de froid en provenance directe du même lieu s’installe sur la France, j’y vois comme un signe… Celui de rester sagement au chaud et de me plonger dans ce polar aux accents slaves.
La Reine des neiges est un roman de construction tout à fait classique dans le genre policier, mais dont l’intrigue est assez originale. De plus, l’idée de la situer en Russie offre certaines libertés à l’auteur. En effet, ce vaste pays cultive depuis des décennies le secret et la désinformation sur ce qui se passe à l’intérieur de ses frontières, et génère de ce fait tous les fantasmes… On imagine aisément qu’il peut y arriver n’importe quoi, que tout est permis ou presque, et des situations qu’on aurait du mal à rendre crédibles dans d’autres endroits du globe paraissent tout à fait vraisemblables dans la nation de Poutine, de l’ex-KGB et de Tchernobyl. Avis aux auteurs de thrillers : au lieu de projeter vos fictions dans des pays qu’on connaît par cœur, pensez à l’ex-Union soviétique ! Bon, il y aura sans doute des spécialistes de la Russie pour tout décrypter, mais après tout, on se fout bien de savoir quel est le degré de vérité dans la corruption ambiante des différentes administrations, il s’agit d’un roman ! Ce qui nous importe, c’est qu’on y croit suffisamment pour voyager avec lui. Et je dois dire que Laura MacLeod m’a bien hameçonné avec son histoire dans laquelle des pontes de l’industrie pharmaceutique se mêlent à la pègre dans ses trafics les plus odieux.
C’est bien construit, avec un vocabulaire soigné sans être emphatique, et le récit foisonne de détails et de rôles secondaires ; les plus importants sont d’ailleurs bien caractérisés et on ne se mélange jamais dans cette galerie pourtant bien fournie, malgré des noms dont la consonance ne nous est pas forcément familière. Plein de bonnes raisons d’aimer ce roman, donc, mais ses qualités sont également son maillon faible… Cette richesse de détails profite à tous les protagonistes, mais au détriment de ceux qu’on aurait aimés plus fouillés, de même qu’elle nous en apprend beaucoup, mais dans le même temps dilue un peu le suspense.
En conclusion, c’est un polar que j’ai pris plaisir à lire, mais qui me laisse un peu sur ma faim. Les toutes dernières pages, un peu trop « à l’eau de rose », m’ont vraiment agacé, mais là, c’est vraiment une histoire de goût personnel et je ne demanderais à personne de me suivre sur ce coup-là. Pour le reste, il a largement assez de qualités pour qu’on oublie ce que je considère comme moins réussi, alors si vous ne connaissez pas Laura MacLeod, n’hésitez pas, allez faire un tour à Moscou avec La Reine des neiges.

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