Enquête aux Volets Bleus

Kate Oliver





4e de couverture :
Rosetta Bancale a été placée contre son gré en maison de retraite par sa fille unique pour un début d’Alzheimer.
Elle intègre alors un groupe de six « résistants » pratiquement abandonnés par leurs familles, mais à l’aise financièrement. Leur devise : rire, boire et bien manger, malgré les restrictions de l’établissement.
Le petit club fait les quatre cents coups, transgresse allègrement le règlement et se venge des mesquineries du personnel, mais chacun reste évasif sur son passé…
Un des sept membres, surnommé « le Capitaine », se fait prendre dans les filets d’Annette, une auxiliaire de vie cupide qui cherche à se faire épouser. Mais elle est un jour violemment poussée dans l’escalier…
Un inspecteur de police va alors enquêter et découvrir le passé peu reluisant de certains des pensionnaires, la vie tourmentée ou malheureuse de quelques autres, et le chantage financier exercé par Annette sur celui ou celle qui a changé de sexe et qui ne voudrait pas que son secret soit divulgué.
Pour compliquer encore un peu plus l’enquête, chaque membre du club va s’accuser du « crime » pour protéger ses amis.


Mon avis :
Enquête aux volets bleus, malgré son titre, n’est pas réellement un roman policier. Il y a bien une enquête menée par un policier, mais ce n’est qu’un prétexte à révélation. Dans ce livre, les seuls morts le sont de vieillesse, ce qui n’est pas si rare quand cela se passe dans une maison de retraite.
Les comédies qui ont pour lieu ce genre d’établissement nous content le plus souvent les fugues et autres escapades de leurs pensionnaires… Ici, les résidents des « Volets Bleus » ne cherchent pas à s’enfuir, malgré l’ambiance pas très folichonne qui règne dans cette institution, mais une bande de joyeux drilles résistent à la morosité en s’offrant des plaisirs accessibles : se moquer des autres pensionnaires et du personnel, trinquer ensemble en partageant des gourmandises, et pourquoi pas, tomber amoureux…
Entre jalousie et complicité, méfiance et loyauté, Kate Oliver nous livre une histoire d’amitié écrite dans une langue joyeuse et fleurie qui redonne à ces personnages en décrépitude la verdeur que leur corps a perdue. Pas de suspense insoutenable, dans ce roman, mais une galerie de « vieux » au passé pas toujours irréprochable qui dessine un patchwork gai et coloré où quelques surprises entraînent le lecteur entre rire et émotion. Si l’ensemble est traité avec humour, la dimension sociologique n’en est pas moins présente et l’on se prend à s’interroger, au fil de la lecture, sur le devenir de nos parents âgés dans cette société qui les ghettoïse de plus en plus, même si c’est dans des prisons dorées.

Un roman qui, par son ton, donne le sourire, tout en abordant un sujet grave qui concernera un jour ou l’autre tout individu : la vieillesse.

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