En attendant d'être grande - Partie 1 : Vêtue de regards

Théo Kosma





4e de couverture :
Mais que peut-il bien se penser dans l’esprit d’une fille ?
Que trame-t-elle et à quoi songe-t-elle lorsque personne n’est là pour voir ?
« Ceci est le récit de mon enfance.
Attention lecteur. Prends garde, lectrice !
Tu t’apprêtes à faire ton entrée dans un univers troublant. Ton esprit, tes émotions, tes sentiments… tout cela va être titillé, chatouillé, dérangé.
Au cours de ses lignes, je ne me suis jamais censurée. Pas même une seule fois. Tu pourrais m’en vouloir, ou au contraire m’en être reconnaissant(e).
Il t’est conseillé de lire cette histoire par petits bouts, à tête reposée. Une lecture trop intensive risquerait de te faire perdre certaines notions, de t’échauffer.
Prends quelques grandes inspirations, cramponne-toi et embarque avec moi dans cette aventure pour un saut sans filet… »
Partie 1 : « Vêtue de regards »
La petite citadine nous conte ses découvertes. En cette première période, nous la suivons de la maternité à ses dix ans. Les copines, les copains, les parents… Un monde bien étrange et parfois incompréhensible. Quels sont tous ces regards ? Que lui cache-t-on ? L’orage gronde-t-il entre papa et maman ?
Chloé cherche ses marques, se façonne une identité bien à elle, se demandant sans cesse ce qu’est, au juste, d’être une fille. Le monde adulte a ses réponses. Mais Chloé a les siennes, et elles sont tout autres…
Depuis sa plus tendre enfance, tout est occasions de vadrouilles, de rencontres, d’expériences insensées. Chloé n’est pas comme les autres et n’a pas envie de l’être.
Quitte à explorer la vie, autant le faire tout de suite…


Mon avis :
Quand l’auteur m’a proposé son livre, je lui ai dit que je ne lisais plus de littérature érotique depuis longtemps, mais j’ai accepté de me pencher sur ses écrits… À vrai dire, je ne me souvenais pas exactement des raisons qui m’avaient éloigné de ce genre, mais je peux vous garantir que ce n’était ni excessive pruderie ni dégoût de « la chose ». Je n’ai rien contre une scène un peu osée, voire carrément crue dans un roman, si elle est bien écrite et apporte quelque chose à l’histoire. Par contre, tout un roman pour ne parler que de ça, je trouve que ça manque singulièrement de rebondissements… Et je ne parle pas des ressorts du sommier !
J’ai donc lu la première partie de En attendant d’être grande. Le problème, quand un auteur se met dans la peau d’un personnage qui raconte sa propre histoire, c’est qu’il n’intervient aucun élément pour contrebalancer les dires de ce dernier. Il est donc tentant de faire l’amalgame entre les paroles du personnage et les pensées de l’auteur. Ne connaissant pas personnellement celui-ci, je me garderai de lui prêter les pensées de Chloé !
Vous l’aurez compris, Chloé est ce personnage qui, aujourd’hui adulte, raconte son histoire en commençant depuis la plus tendre enfance. La science nous dit que les premiers souvenirs se forment vers trois ou quatre ans, pour elle, ça commence beaucoup plus tôt. Mais admettons, il s’agit d’un roman. Bizarrement, ce roman dit érotique m’a plutôt rappelé un autre que je venais de lire : Avoir un corps, de Brigitte Giraud… Du moins dans les premières pages, puisqu’on y suit la découverte de son corps et de ses sens d’une enfant. À la différence que chez Giraud, cette découverte se fait à travers des expériences variées que passe aussi par la maladie ou les blessures, par exemple, alors que dans ce livre, et bien que la Chloé adulte répète souvent que ce n’est pas sexuel, on en revient toujours sur ce point. Et ça dure… Même en suivant le conseil de lire par petits bouts (et ce n’était pas peur d’un quelconque échauffement), j’ai rapidement fini par m’ennuyer.
Je dois reconnaître qu’au niveau du style, c’est plutôt bien écrit… À part une remarque du personnage pour laquelle je me suis demandé si l’auteur n’avait pas privilégié la sonorité sur le sens, je n’ai rien remarqué de choquant. Ni dans le style ni dans les descriptions de scènes plus ou moins osées… En fait, dans cette première partie, ça n’ose pas grand-chose, et mis à part que la jeune Chloé (très jeune, puisque le récit couvre sa toute petite enfance jusqu’à ses dix ans) est un peu plus obsédée par ce qui touche la partie la plus intime de son anatomie qu’on pourrait s’y attendre de la part d’une gamine de son âge. Il est vrai que certains enfants sont précoces, mais le plus souvent, ce sont des enfants qui ont subi des attouchements de la part des adultes les plus proches… Bon, je ne vais pas rentrer dans des considérations psychanalytiques, Chloé n’aime pas ça et considère les psys comme des charlatans…
S’il n’y a rien de vraiment choquant dans le récit qu’elle nous offre de ses jeunes années, en tout cas en termes d’images suggérées, on s’aperçoit que malgré sa perversité apparente, cette jeune femme (je parle toujours de l’héroïne du roman) a les idées bien moins larges qu’on l’imagine, venant d’une libertine… On a un peu l’impression que sa vision des femmes se réduit à la maman et la putain, quant à sa vision du monde, ça sent fort la vieille France, côté cathos intégristes, ceux qui défile derrière Frigide Barjot la bien nommée. Il est vrai qu’on a souvent rencontré les pires pervers parmi ceux qui dénonçaient les déviances avec le plus de vigueurs…
Il reste la question que certains ne manqueront pas de se poser : ça ne serait pas un peu limite, de projeter ses fantasmes sur une enfant ? Comme je l’ai dit, même si Chloé dit d’elle-même qu’elle est une salope, cette première partie reste très « sage », alors chacun se fera son idée. Il reste quatre tomes, après celui-ci, et si l’on en croit les illustrations de couvertures, Chloé ne sort pas de l’enfance et de l’adolescence…

Personnellement, cette première partie ne pas donner envie de lire la suite ni d’autres romans du genre. Donnez-moi de l’érotisme, oui, mais avec une histoire autour qui n’est pas prétexte à ne parler que de ça. Même si le sexe est une occupation fort réjouissante, il y a d’autres jouissances… il serait dommage de passer à côté !

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