Élise


Lucas Tahtieazym





4e de couverture :
Quatre murs ont été érigés autour d’elle par son geôlier. Tout ce que connaît Élise, elle le tire de ses nombreuses lectures.
Et l’épilogue est proche.
Voici l’histoire de celle qui voyageait avec les mots.


Mon avis :
Je sais que je ne vais pas me faire que des amis, mais il faut bien le reconnaître, les détracteurs de l’auto-édition ont souvent raison d’en dénigrer le piètre niveau. Noyées dans la masse, les perles sont parfois difficiles à dénicher. J’ai la chance d’avoir lu quelques auteurs qui sortent du lot, Lucas Tahtieazym en fait partie, et ce n’est pas seulement à cause de son patronyme pas facile à retenir.
En plus d’être intelligemment écrit, ce thriller en huis clos se fait le chantre de tous les écrivains de talent, sans distinction de genre littéraire ; de tous les livres qui peuvent, par la magie des mots, effacer les murs.
Élise est née en captivité et n’a jamais eu d’autres horizons que les quatre murs de sa prison. Heureusement, sa geôlière lui a enseigné la lecture, et c’est à travers les livres qu’elle va, petit à petit, appréhender le monde extérieur et comprendre celui dans lequel elle a grandi.
Élise aurait pu être une énième histoire de pervers sexuel, un ixième récit d’enfermement avec scène bien gore à tous les chapitres même parfaitement écrit, il n’aurait fait que reprendre un sujet déjà abordé mille fois ! Mais ce roman est un peu plus que cela. D’abord parce ce qu’il ne se complaît pas dans l’horrifique, même si certains passages (à la fin, notamment) peuvent heurter les âmes les plus sensibles. Ensuite, parce que Lucas Tahtieazym est un orfèvre qui travaille dans la suggestion, avec délicatesse et précision. Chaque mot est à sa place, il fait mouche. Chaque scène est parfaitement cadrée, on est dedans. Rien que ça devrait vous donner l’envie de lire ce roman, mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : l’angle d’attaque ! Dans la plupart des récits de captivité, on nous décrit les souffrances du prisonnier et la cruauté de ses gardiens… Ici, ça passe au second plan. Ce dont nous parle l’auteur, c’est la force de résilience − mais peut-on parler de résilience quand tout est à construire ? − qu’Élise puise dans les livres, cette volonté qu’elle se bâtit année après année, lecture après lecture, pour se libérer de chaînes dont elle n’aurait sans doute, sans les mots, jamais pris conscience.
Élise est le dernier livre que j’ai lu en 2017. Je souhaite à tous les lecteurs d’avoir terminé l’année en aussi bonne compagnie. Sinon, il n’est pas trop tard pour vous rattraper.

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