Chroniques d'un avatar


Jean-Benjamin Jouteur





4e de couverture :
Il existe un passage entre réel et virtuel qu’empruntent des millions de joueurs. Leur quête, manipuler des personnages.Guerriers inoffensifs, leur vérité se joue d’imaginaire. Coralie a traversé ce passage des centaines de fois. Chaque expérience était plus intense que la précédente. Le temps passé là-bas la rendait plus forte. L’autre « elle » lui était supérieure, capable de tout. Mais un jour, la porte est restée ouverte, inversant le processus. Une tueuse a emprunté le passage dans l’autre sens pour s’emparer d’elle. Engluée dans les débris d’un virtuel trop réel, elle ne savait plus qui elle était. Pour débusquer l’autre, elle doit retrouver la trouée. Il est vital de la renvoyer d’où elle vient. L’aiderez-vous à retrouver le passage ? L’accompagnerez-vous ?


Mon avis :
Difficile de cataloguer ce roman, il ne rentre dans aucune case, ou devrais-je dire, il pourrait figurer dans plusieurs : anticipation − l’action se situe dans un futur très proche, thriller − la tension narrative est au rendez-vous, fantastique − le surnaturel se glisse discrètement dans le concret, et bien sûr, psychologique − la confrontation se jouant au niveau des mots et des idées… D’autres y verront sans doute plus de références.
Je ne sais pas vous, mais moi, les inclassables, j’aime bien ! Moins l’auteur est formaté, plus on a de chance de lire une œuvre originale. Quand, a fortiori, il s’agit d’un premier roman et que celui-ci, en plus d’offrir au lecteur une histoire qui tient en haleine, montre une bonne maîtrise de la langue, je ne peux que saluer l’émergence de ce nouvel auteur.
Il faut dire que le bougre, question « ressort dramatique », en connaît un rayon, ayant passé une bonne partie de ces dernières décennies à écrire et mettre en scène des fictions à thèmes pour le théâtre interactif. Et comme il est aussi comédien, rien d’étonnant alors qu’il se délecte des mots et sache en jouer avec une certaine « dextérité ».
Ayant lu Chroniques d’un avatar en tant que bêta-lecteur, je ne parlerais pas des quelques petits défauts que j’ai pu y trouver. Je suis certain que Jean-Benjamin aura su tenir compte, avant parution, des remarques que moi-même et d’autres bêta-lecteurs lui auront retournées. Ce que je peux dire, par contre, c’est que celles-ci portaient surtout sur des problèmes d’édition (méconnaissance des protocoles), ou pointaient quelques mauvaises habitudes attrapées au long de toutes ces années à travailler sur un autre format (le théâtre, en l’occurrence). Pour le reste, rarement un premier roman ne m’avait donné aussi peu de travail. Alors certes, la plume doit encore s’émousser un peu, au fil des écrits, afin de gagner en souplesse, mais le poignet est ferme et le style est déjà là. De plus, comme je l’ai dit en introduction, ce roman « hors des clous » ne reprend pas à son compte une histoire mille fois entendue (à l’instar de beaucoup trop d'autres récits à mon goût), mais propose un conte mêlant technologie et surnaturel dans une ambiance « Vol au-dessus d’un nid de coucou », servie par une héroïne tout aussi atypique qui, j’en suis persuadé, séduira un large lectorat.
Petit plus : le final reste suffisamment ouvert pour laisser envisager une suite… et quand vous aurez tourné la dernière page, je ne serais pas étonné que vous l’espériez !

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