Du bois pour les cercueils


Claude Ragon



4e de couverture :
Le commissaire Gradenne prend froid dans l’hiver du Jura. À la manière de Maigret, enquête « grippée », gendarmes trop « pressés » comme ce corps broyé par la machine…
Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d’une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts !
Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d’un Poulsard… ? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d’âge sans beaucoup d’affinage à la PJ, mais avec du… nez, avisé et goûteux !
Ingénieur dans l’industrie de la transformation du bois, Claude Ragon connaît à cœur le massif jurassien, ses habitants et leur caractère âpre. Cet univers minéral, végétal et humain inspire une écriture également rude et attachante.


Mon avis :
Tout est dit sur la quatrième de couverture : Du bois pour les cercueils est un roman qui parle du terroir, avec la langue du cru, et c’est aussi un polar « à l’ancienne », façon Simenon, où l’on suit le cheminement de pensée de l’inspecteur, les réflexions qui, de petits détails en petites découvertes, l’amènent sur le chemin de la vérité.
Les personnages sont attachants, bien qu’à mon goût, ils auraient gagné à être un peu plus « fouillés ». Ici, on reste un peu à la périphérie, on ne s’aventure pas dans les profondeurs de leur âme, surtout en ce qui concerne les rôles secondaires. Rassurez-vous, cela n’enlève rien à l’intérêt de l’histoire et l’auteur nous donne ce qu’il faut de détails sur leur psychologie pour assurer une belle cohérence à l’ensemble. Le récit dégage un sentiment de stabilité, de force tranquille à l’image de ces Jurassiens solidement ancrés dans leur terre, leurs traditions.
Claude Ragon utilise un langage simple, mais d’une redoutable précision. Il ne s’embarrasse pas de grande phrase, de mots recherchés et quand il nous donne quelques détails techniques (concernant le métier du bois, par exemple), tout paraît limpide. Ce qui donne un récit que l’on suit avec facilité et beaucoup de plaisir, mais qui laissera peut-être sur leur faim les amateurs de sensations fortes.
Un roman que je conseillerais donc aux amateurs d’enquêtes bien menées et sans violence.

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