My life is a TV drama


Richard James





4e de couverture :
Maître dans l’art de la procrastination, James Dickens, infirmier dans un service de psychiatrie au Toronto General Hospital, passe son temps à fuir ses responsabilités. Aujourd’hui, sa vie ressemble à une plaie béante sanguinolente qu’il s’est contenté de panser durant les dix dernières années. Mais à force de repousser l’inévitable, comme cette famille et cette vie passée dont il veut se détacher, James voit ressurgir tout ce qu’il ne souhaitait pas régler avant son trentième anniversaire. Pas de bol, la merde a trois ans d’avance.


Mon avis :
Ce livre est une partie (un sixième, pour être précis) d’un tout qui, selon l’auteur, est une fiction littéraire fabriqué un peu à la façon d’une série télé, dans laquelle chaque élément, tout en étant en étroite relation avec les cinq autres, peut être lu indépendamment, et offre au lecteur un système de narration différent.
N’ayant lu que ce premier volet, c’est donc de lui que je parlerai… Il m’a tout d’abord donné l’impression d’avoir sous les yeux une espèce d’autofiction… et généralement, je ne suis pas fan de ce genre littéraire. Attention ! Je ne dis pas qu’il s’agit d’une autofiction, d’ailleurs, l’auteur ne le présente pas ainsi, mais le système narratif employé ici y ressemble fortement. Ce qui ne devrait pas forcément être le cas des suivants…
Mais revenons à My life is a TV drama ! Sur son blog, l’auteur prévient qu’on risque de rencontrer quelques coquilles… et c’est vrai ! Mais elles ne sont pas nombreuses, et comme il le dit, cela ne gâche pas la lecture. Ce qui m’a plus dérangé, par contre, c’est un certain nombre de phrases mal tournées, dont le sens, à cause d’une syntaxe hésitante, attire, pour le moins, un sourire, quand il ne fait pas faire la grimace. On dirait parfois que des changements ont été faits, mais mal intégrés, ont généré des erreurs, comme dans cette phrase : « Parapluie en main, Henry s’installe vient m’abriter. »
Deux ou trois problèmes de concordance de temps viennent également écorcher ce texte, ainsi qu’à quelques reprises, l’emploi d’un mot qui semble inapproprié dans le contexte, tel ce « … avant de lui assigner le coup de grâce. »
Bref, sans avoir fait une lecture approfondie, en mode bêta, j’ai relevé une bonne vingtaine de termes ou de locutions qui demanderaient à être révisés ! Cela dit, il s’agit plus d’une relecture mal finie que d’une écriture maladroite. Même si la plume de Richard James ne m’a pas complètement soulevé de mon siège, j’y ai croisé quelques passages bien enlevés qui ont eu le mérite de me donner envie d’aller au bout… Parce que l’histoire, elle, aurait pu me faire décrocher assez rapidement. Je l’ai dit, l’autofiction n’est pas ma tasse de thé, mais quand en plus le narrateur m’inspire plus l’envie de lui botter les fesses que l’empathie, il y a un moment où j’ai la tentation de faire comme lui : abandonner !
Car James Dickens (le narrateur), au patronyme bien choisi, passe le plus clair de ces 450 et quelques pages à pleurer sur son passé difficile et le présent merdique qui en découle. Le personnage a beau être parfaitement conscient de tourner en rond, il ne parvient jamais à rompre le mouvement. Résultat, en le suivant, j’ai vite le sentiment, moi aussi, d’être sur un manège, et après quelques tours, la monotonie me lasse et je suis tenté d’aller voir ailleurs.
Pas grand-chose à dire, pourtant, de la construction : entre les nombreux retours en arrière et les passages où James imagine que la situation qu’il est en train de vivre se déroule différemment, le récit gagne en profondeur. Techniquement, une mise en page un peu mieux pensée aurait aidé le lecteur à se repérer, mais une fois qu’on a compris le principe, on s’y retrouve.
En somme, la proposition de Richard James ne manque pas de qualité, bien qu’il reste deux, trois choses à revoir, mais connaissant l’engouement d’une partie du public pour ce genre d’histoire, elle est sans aucun doute suffisamment aboutie pour trouver son lectorat. Personnellement, je ne suis pas amateur de ces séries dont l’intrique tournent autour des états d’âme ou de la misère psychologique de ses personnages, aussi, je n’irai peut-être pas vers la suite… En parlant de ça, la fin, très abrupte, m’a laissé perplexe ! Celui qui n’envisage pas forcément de lire les cinq autres volumes prévus pourra penser qu’il manque les dernières pages, c’est vous dire si c’est brutal ! Mais pour les autres, disons que c’est comme dans les séries TV, ça s’arrête juste au bon moment pour vous mettre les nerfs et vous faire dire : « vivement la prochaine saison ! » Alors partant du principe que l’auteur ne peut que faire mieux, c’est tout ce que je lui souhaite : d’être attendu.

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