Au fer rouge


Marin Ledun




4e de couverture :
Madrid, 11 mars 2004, dix bombes explosent dans des trains de banlieue. Rescapée, le lieutenant Emma Lefebvre œuvre pour que justice soit faite. Dix ans plus tard, une valise contenant le cadavre d’un trafiquant de drogue est découverte sur une plage landaise : l’heure est venue de régler les comptes. Emma s’attaque alors à une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête l’officier de police Javier Cruz, seigneur de l’antiterrorisme.
Des rives du fleuve Nervion aux bas-fonds de Bayonne, des banlieues déshéritées madrilènes aux palaces de la côte basque, la corruption n’a pas de frontière.


Marin Ledun est l’auteur d’une douzaine de romans. Il a reçu de nombreuses distinctions, notamment le Trophée 813 du roman français 2011 et le Grand Prix du roman noir 2012 pour Les visages écrasés qui fait l’objet d’une adaptation TV avec Isabelle Adjani sur Arte en 2016. Le prix Amila-Meckert 2014 lui a été décerné pour son roman L’homme qui a vu l’homme.


Mon avis :
Je vous éviterai le jeu de mots facile, du genre : « Au fer rouge est un roman qui m’a marqué… », mais c’est pourtant vrai qu’on n’en ressort pas indemne. D’abord parce que c’est un roman noir. Très noir. Et cependant, tous les protagonistes de cette histoire sordide sont gris. De différentes nuances de gris. De la teinte claire de la perle, au sombre anthracite. Ensuite, parce que le récit nous plonge dans les arcanes du pouvoir et de la corruption. Du niveau local aux plus hauts rouages de la politique.
Mais ce n’est pas tant le déroulement de ce thriller, pourtant bien glauque et malodorant, qui fait la noirceur de ce récit. Non, ce qui prend le lecteur aux tripes, ce sont justement ces personnages à la couleur peu définie qui avancent en funambules sur la mince frontière qui sépare le bien du mal. Ou plutôt, certains la franchissent, d’un côté, puis de l’autre, de convictions en concessions, et la séparation devient floue, le plateau de la justice ne trouve plus son point d’équilibre…
Ce roman, magnifiquement orchestré, nous entraîne à la suite de différents personnages, policiers ou « bandits », en fouillant profond dans l’aspect psychologique de chacun, dans leurs motivations, leurs craintes, tout ce qui fait leur force et leur faiblesse et les pousse à agir comme ils le font. Les héros ne sont pas toujours de braves gens, les parias pas toujours de mauvaises personnes, et finalement, y en a-t-il vraiment du bon côté de la barrière, ou tous les êtres se partagent-ils cinquante nuances de pourriture ?
Marin Ledun ne vous propose peut-être pas de réponse, mais il signe là un grand roman.

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