Babylone Dream


Nadine Monfils




4e de couverture :
Recette du rêve babylonien par Jean-Pierre Jeunet
Ingrédients :
  • 300 g de caractères excentriques
  • un bouquet d’effroi délicieux
  • une cuillère de perversité revigorante
  • une poignée de tendresse au cou tordu
  • 20 cl d’essence de surréalisme
  • une pincée de poésie déjantée
  • un zeste de réminiscence d’enfance
  • une once d’érotisme singulier
Bien peler les cadavres, leur arracher bras et têtes et les faire mijoter dans un jus de terreur. Faire revenir le tout à feu doux, ajouter l’humour, l’amour et l’acide, jusqu’à obtention d’une crème de suspense que vous ferez gratiner au four, non sans avoir versé une larme de nostalgie.
Servir chaud. Régal assuré !

Des jeunes mariés sauvagement assassinés, deux enquêteurs sous le choc, une « profiler » aux pouvoirs étranges… Un thriller angoissant et palpitant, un univers étonnant !


Mon avis :
Je ne sais pas vous, mais moi, une quatrième de couverture aussi surprenante, ça me donne immédiatement envie d’ouvrir le bouquin, avec l’envie, bien sûr, de retrouver à l’intérieur ce petit grain de folie sous-entendu par le texte de Jeunet.
Eh bien, je n’ai pas été déçu ! Ce roman policier, car c’en est bien un, possède une dimension particulière, une petite touche de poésie surréaliste qui lui donne un ton décalé tout à fait plaisant. Attention, quand je parle de surréalisme, ne vous attendez pas à trouver des histoires de magie ou d’êtres surnaturels tout droit sortis de quelque monde parallèle ; les gens que vous croiserez pourraient être vos voisins, l’action pourrait se passer dans la ville d’à côté, pourvu qu’elle s’appelle Pandore… L’histoire que nous conte Nadine Monfils est ancrée dans la réalité la plus sordide (il s’agit quand même de meurtres particulièrement sanglants), et à aucun moment ne s’égare dans l’outrance ou l’extraordinaire. C’est à travers le traitement des personnages que l’auteure impose sa différence. Et pourtant, aucun d’eux n’est spécial, ne possède de dons particuliers, mais l’éclairage qu’elle apporte sur leurs traits de caractère les rend particuliers. On sent la femme de théâtre derrière cette « mise en scène ». Ajoutez à cela une bonne dose d’humour un peu grinçant, vous obtenez une lecture au goût « pas comme les autres ».
Seules, les dernières lignes ont un peu gâché mon plaisir. J’ai trouvé le retournement final trop parachuté, voire factice. C’est dommage, mais malgré cette fin ratée (à mon avis), ce rêve babylonien m’a vraiment donné envie connaître d’autres écrits de cette auteure. Je vous recommande donc vivement ce roman.

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