Croyances de sang


Sylvain Pavlowski





4e de couverture :
Pauline Rougier, Commandante à l’Antiterrorisme se reconstruit doucement après son burn-out, sous le regard bienveillant de Jack Campbell, journaliste au New York Time.
Quand elle arrive sur les lieux d’un accident et constate l’impensable, elle ne sait pas qu’elle vient d’être propulsée au centre d’une mécanique implacable qui pourrait bien détruire Paris. Dans l’ombre, s’agitent Kamel, le chef de gang des Def Zones et son armée de guerriers urbains, ainsi que Khalid Alzadi, bras armé du milliardaire saoudien Fouad Al-Naviq, prêts à prendre leur revanche après l’échec du projet Blackstone.
Ce mois d’août bat tous les records de chaleur alors que s’ouvre à Paris un sommet européen sur les migrants, dirigé par le président Lavalette, dans un climat politique lapidaire.
Pauline devra puiser dans ses ressources et trouver la force de se dépasser dans ce compte à rebours mortel pour enfin découvrir les traces de son passé. Mais pourra-t-elle éviter le pire ?


Mon avis :
Autant le dire tout de suite, j’ai beaucoup aimé ce polar qui surfe sur une actualité brûlante tout en proposant une pure fiction. On y trouve une foultitude de personnages qui n’ont pas tous la même importance dans le roman, mais l’auteur a donné à chacun d’eux suffisamment d’épaisseur pour que leur lien avec l’intrigue principale soit solide. Dans un schéma aussi complexe, où s’entrecroisent divers destins, c’est ce qui fait la différence entre une bonne et une excellente histoire. Le seul risque, c’est qu’on perde un peu de vue le personnage principal, et j’ai parfois eu le sentiment que c’était le cas ici. Disons qu’on en était à deux doigts, mais cela est peut-être dû au fait que Croyances de sang est la suite de La menace Blackstone, et qu’il arrive qu’un personnage récurrent, dont on a beaucoup parlé dans le premier opus, soit plus ou moins délaissé au profit de l’intrigue lors du second… Comme je n’ai pas lu le précédent et malgré de nombreux détails qui éclairent la personnalité du commandant Pauline Rougier, j’aurais aimé un peu plus de sa présence, pour encore mieux la connaître, mais je suppose que ceux qui l’ont déjà rencontrée dans l’autre épisode n’auront pas ce léger sentiment de manque.
Ceci mis à part, j’ai été assez rapidement capté par cette histoire aux multiples rebondissements. Le scénario est bien construit et maintient suffisamment de suspense jusqu’à la fin, ce qui n’est pas toujours facile lorsque la plume se promène tantôt du côté des « méchants », tantôt du côté des « gentils ».
Bon, dit comme ça, on pourrait penser que ce roman est un peu trop manichéen, mais ce n’est pas tout à fait le cas… Du moins, l’ensemble offre un joli camaïeu de gris, mais c’est vrai que certains personnages sont parfois un peu monochromes. Là encore, en ce qui concerne ceux qui participaient au premier volume, je tempère mon appréciation… mais s’ils ont été plus fouillés lors dans le premier opus, on peut regretter de ne pas retrouver autant de nuances ici. Même si l’impression d’ensemble est plutôt bonne.
C’est d’ailleurs le problème de ce roman : il est prenant, passionnant, bien pensé, écrit dans un style agréable et dans un français d’un excellent niveau… Mais il y a çà et là quelques détails qui agacent l’œil du lecteur exigeant !
Autant sur ce qui concerne le cœur de l’histoire, c’est-à-dire les parties où l’on parle de terrorisme ou des migrants, l’auteur semble avoir travaillé, fouillé, étudié… autant quelques détails moins importants d’un point de vue scénaristique semblent avoir été pris un peu à la légère. On ne sait pas trop s’il s’agit d’un manque de connaissance ou d’une paresse sur les passages incriminés, mais il y a des erreurs qui tournent à l’invraisemblance !
Quelques exemples au hasard :
  • le plateau servi sur un vol de moins d’une heure… Sylvain Pavlowski n’a sans doute jamais fait un Paris-Nice, Paris-Lyon en avion…
  • Les bikers qui ont un porte-bagages sur leur moto… C’est carrément un crime de lèse-Harley-Davidson !
  • Luca Hanser qui débarque à Tunis et passe directement de l’avion au hall de l’aéroport, comme si les douanes n’existaient plus…


Quant aux scènes d’action, notamment l’intervention lors de la vente d’armes et l’attaque de la tour, j’ai eu l’impression de regarder un film de série B, où la véracité a moins d’importance que le résultat auquel l’auteur veut arriver.
C’est dommage, ça gâche un peu le plaisir, mais l’ensemble est efficace et si je fais partie des lecteurs les plus exigeants, je ne doute pas que Croyances de sang saura conquérir un large public. Il a tout ce qu’il faut pour !

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