Crime à l'université


Murielle Lucie Clément



4e de couverture :
Amsterdam au XXI siècle.
À l’université, le corps sans vie d’Eva Struiter est retrouvé dans le placard de son bureau. Son petit ami, Joost van Dame, est suspecté du crime, mais clame son innocence. Chargé de l’enquête, l’inspecteur Hartevelt, marié, père de deux enfants et féru de littérature russe, ne croit pas à la culpabilité de Joost. Quelques semaines plus tard, une autre jeune femme est sauvagement assassinée.
Un serial killer sévirait-il au département de français ?
Sous la surface anodine de la vie universitaire, se cachent peut-être des secrets inavouables…


Mon avis :
Voilà un polar qui ne nous entraîne pas sur les sentiers battus et rebattus du genre ! Bien sûr, on y trouve le dénominateur commun à tous les romans policiers : un cadavre plus ou moins frais et l’enquête qui découle de sa découverte. Mais loin de s’appesantir sur les aléas d’une investigation compliquée ou les états d’âme d’un flic forcément dépressif et un peu alcoolique, ce roman se plaît à égarer le lecteur à travers une étonnante galerie de personnages hauts en couleur. Et comme dans la « vraie vie » les enquêteurs n’ont jamais une seule affaire en cours, Murielle Lucie Clément introduit dans son récit un trafic de drogue dont on se demande jusqu’au bout s’il a un lien avec les meurtres de jeunes universitaires. Sans parler de multiples intrigues secondaires.
Mais le véritable héros de ce livre n’est pas l’un des protagonistes de cette histoire, mais bien cette entité un peu hors de la réalité qu’est le microcosme des professeurs, des étudiants de l’université. Et l’auteur en fait une analyse minutieuse, décortiquant les manies de chacun, les travers et les obsessions des uns et des autres avec une richesse de détails, de langage, et une érudition qui font de Crime à l’université un polar hors du commun.
Et si vous voulez comprendre l’écriture de Murielle Lucie Clément, elle vous en donne les clés par la voix de Chloé, l’un de ses personnages :
« … Les personnages doivent être bien creusés avec des conflits, et non des stéréotypes…/… J’exige aussi de l’auteur un travail invisible sur la langue avec de la recherche dans le vocabulaire, cela va de soi, mais aussi et surtout dans le détail bien ficelé… »
Pari gagné ! Si vous connaissez quelqu’un qui pense encore que le roman policier est un sous-genre de la littérature, faites-lui lire d’urgence Crime à l’université, ce livre pourrait bien le faire changer d’avis.

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