Le degré de connerie


Jean-François Pissard, Geneviève Ballereau




4e de couverture :
La connerie n’est pas l’apanage d’un âge ; il existe des jeunes cons comme des vieux cons, ni d’un rang social, il est de fieffés cons démunis comme de sacrés cons dotés d’un solide patrimoine, des employés à la connerie consternante comme des employeurs qui nous atterrent par la couche épaisse qu’ils tiennent. Ce n’est même pas une affaire d’instruction. Nous connaissons tous des avocats, professeurs, élus, qui pourraient trôner sur les marches du podium de la connerie.
Le livre méthode d’évaluation de la connerie qui vous est proposé ici est une première.
Il permet de déterminer le degré de bêtise que chacun porte en lui.
Pour y parvenir facilement, il est posé cinquante questions au travers de huit thèmes.
De courts textes d’aide à la réflexion accompagnent chacune des questions, pour permettre de mieux réfléchir. Le lecteur répond aux questions sous forme de notes. En fin de livre, un calcul en règle de 3 détermine le pourcentage de bêtise.
Les auteurs : Jean-François Pissard est un auteur analysé (plusieurs années de psychothérapie) ; et sa co-auteur, Geneviève Ballereau est une professionnelle du handicap, rompue aux techniques d’analyses comportementales.
Si leur méthode grand public aide à réfléchir sur de multiples sujets, et à évaluer autrui, elle sert aussi à s’évaluer soi-même.


Mon avis :
Il est difficile, pour moi, de faire une chronique de ce livre. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas d’une œuvre de fiction, mais d’une exposition d’idée, et que cela pourrait tourner au débat plutôt qu’à l’appréciation. Mais je vais m’essayer à cet exercice.
Les auteurs, Jean-François Pissard et Geneviève Ballereau, nous proposent une méthode originale (c’est la première du genre) pour évaluer le degré de connerie de nos contemporains.
D’un point de vue purement littéraire, c’est répétitif, mais une telle démarche peut-elle éviter cet écueil ? N’ayant pas moi-même abordé ce genre de travail, et ne disposant pas de référence en la matière, j’avoue que je n’ai pas la réponse. Cependant, je m’interroge sur certains choix. Par exemple, pourquoi avoir fait un thème particulier (thème 7) de la superstition, qui ne contient qu’une seule question, alors que tout un chapitre est consacré à la religion ? La superstition et la foi ne reposent-elles pas sur la même croyance aveugle à des dogmes ou des idées dont le fondement n’est pas de l’ordre de la logique ? Bien sûr, ce choix paraît logique en regard du fait que les religions sont placées dans le thème des phénomènes de groupes, et qu’on peut considérer que les superstitions sont d’une nature plus individuelle…
Toujours sur la forme, certaines tournures de phrases m’ont paru un peu trop tarabiscotées, non pas à cause des termes employés, mais en raison d’une syntaxe rendant l’idée parfois difficile à appréhender.
Mais dans ce genre d’ouvrage, c’est certainement plus sur le fond que sur la forme qu’il faut s’attarder.
La réflexion essentielle qui sous-tend cet essai pourrait s’inscrire ainsi : qu’est-ce que la connerie, et de quelle manière se manifeste-t-elle, au quotidien ?
Huit thèmes sont abordés : 1- Les caractéristiques psychologiques. 2- L’évolution comportementale. 3- Les comportements symptomatologiques. 4- Les phénomènes féminins et masculins. 5- Les comportements liés à l’âge. 6- Les phénomènes de groupes et de bandes. 7- Les superstitions. 8- L’intelligence et la culture.
Chacun de ces thèmes est subdivisé en un nombre variable de questions concernant un aspect particulier du point abordé, et chaque question est accompagnée d’un texte proposant un éclairage sur le sujet. C’est dans ces textes que réside, pour moi, tout l’intérêt de ce livre.
En effet, la connerie ordinaire se dilue dans le quotidien, et il est parfois bien difficile de l’apercevoir. Jean-François Pissard et Geneviève Ballereau décortiquent pour nous ces petits travers qui dénotent un manque de recul sur les agissements et les pensées de tout un chacun. Chacun de ces textes est une piste de réflexion sur nos comportements et ceux des autres dans diverses situations de la vie en société. Pour moi, plus qu’une méthode de calcul, cet ouvrage est avant tout une analyse fine des tendances de tout individu, selon son âge, sa culture et son éducation, à calquer son mode de fonctionnement sur le plus grand nombre ou à réfléchir à ses actes. Et rien que pour cela, il mérite d’être lu.
Maintenant, est-ce un travail exhaustif ? Non, et il n’en a pas la prétention. Il ouvre des voies de réflexion, d’introspection, même, mais chacun peut développer ces pistes vers d’autres questionnements.
Ensuite, quel est l’intérêt d’évaluer le degré de connerie ? Pour soi-même, pourquoi pas ? Mais il faut déjà avoir un sacré recul pour être suffisamment honnête avec soi-même, et rien que ça démontre qu’on est pas trop con…
Pour les autres, personnellement, je trouve ça un peu prétentieux. D’abord, il faudrait connaître parfaitement la personne évaluée, ensuite n’oublions jamais qu’on est toujours le con d’un autre, et qu’on ne juge de la connerie qu’à l’aune de ses propres limites, de son intelligence et de sa bêtise.

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