Mabouls de cristal



Jérôme Onof



4e de couverture :
Un jour, on vous prédit qu’un individu va vous nuire très gravement, en vous jurant toutefois qu’il vous suffirait de l’éliminer pour conjurer le mauvais sort.
Que faites-vous ?
Rien, affirmez-vous, tout ça c’est de la foutaise !
D’accord.
Même si les prédictions qu’on vous a faites avant celle-ci se sont toutes réalisées ?


Mon avis :
Voilà un polar à la trame bien tarabiscotée, emmêlée à souhait, qui vous entraîne de fausses pistes en conjectures tortueuses. Enfin, surtout en conjectures, parce que des pistes, c’est justement le problème de l’inspecteur Léo Rubin (prononcez Rubine), il n’en a pour ainsi dire aucune !
On se demande même comment ce flic a obtenu ses galons, tellement il semble incompétent, plus préoccupé par le cul de sa compagne, ses ruminations récurrentes sur ses rapports compliqués avec son frère journaliste, plus beau, plus à l’aise dans ses baskets, plus brillant que lui.
Léo est petit, a un physique ingrat et se montre aigri, considérant tous ceux qui l’entourent, à de rares exceptions près, comme des imbéciles qui ne comprennent rien à la vie. Personnellement, j’ai eu du mal à m’attacher à ce personnage, tant peu, dans son comportement, le montre sous un bon jour. Il n’est pourtant pas dénué de toute humanité, mais son caractère asocial le rend assez antipathique. De plus, même la résolution de son enquête n’est pas vraiment de son dû. Difficile, dans ce cas, de ressentir du plaisir à le suivre.
Il reste que Mabouls de cristal repose sur une histoire bien construite, gardant jusqu’au bout ses mystères, son suspense, et c’est bien ce qu’on attend d’un polar. Son originalité vient justement de son personnage atypique, loin de ces héros lisses dont on sait déjà, dès les premières lignes, qu’ils sont les meilleurs dans leur domaine et que leur réussite est certaine. C’est vrai que tout au long de cette lecture, je suis resté sur un sentiment mitigé, c’est sans doute une question d’incompatibilité d’humeur, de caractère entre Léo et moi, mais Jérôme Olof réussi ce tour de force, dans les toutes dernières pages de son roman, de me donner envie de me plonger dans une autre enquête de l’inspecteur Rubin.
Un livre surprenant, donc, mais j’ai toujours pensé qu’il est salutaire de sortir des sentiers battus… Alors, lancez-vous, et même si comme moi, au début, vous détestez Léo, vous verrez, il finira par devenir cet ami agaçant, qu’on hésite toujours à inviter, mais dont on ne peut pas se séparer.

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