Retour à la cité des monstres


Frédéric Soulier

Auteur auto-édité


 






4e de couverture :
Après sept années passées à sillonner les routes à bord de son van poussif et à traquer sans relâche la femme aux dents en or, qu’il accuse d’être à l’origine de tous ses malheurs, Eddie Sykes croit enfin tenir sa vengeance. Et quel meilleur endroit pour clore la douloureuse et sinistre histoire qui est la sienne que là où tout a commencé ? Corvette, la cité des monstres.
Pourtant, à peine de retour dans le cloaque qui l’a vu naître, Eddie manque une nouvelle occasion de boucler son clapet : Il fait la promesse à la mère de sa fiancée défunte de retrouver sa fille cadette, disparue sans laisser de traces. Autant chercher une tique sur le dos d’un ours.
Pour parvenir à tenir son engagement, Eddie devra replonger dans les entrailles putrides de la cité, la fange où évoluent les monstres et les prédateurs de la pire espèce. Et quand on a causé autant de morts dans sa ville natale que le tabac, on compte plus facilement ses amis que ses ennemis. Mais pour l’assister, Eddie pourra compter sur deux alliés de choix : son fidèle Glock et Yaba Guédé, le dieu vaudou qui la nuit veille sur lui.


Mon avis :
Retour à la cité des monstres, dans la bibliographie de Frédéric Soulier, pourrait faire figure de roman noir « classique », même si l’on y trouve un soupçon de magie vaudou. Mais personne n’a dit que le vaudou était incompatible avec le roman noir…
Classique, il l’est dans sa construction linéaire : un « héros », un morceau de sa vie, une partie de son œuvre… Le tout au présent, sans autre flash-back que les souvenirs narrés par l’intéressé. Et ça suffit amplement. C’est même redoutablement efficace, puisqu’il réussit à scotcher le lecteur (pas trop fragile de l’estomac) sur les pas d’Eddie Sykes, malgré le peu d’indications qu’il distille au fil du récit à son sujet. Certains personnages secondaires sont presque mieux décrits, en comparaison au nombre de pages dans lesquelles ils apparaissent…
D’après les dates de publications relevées sur le site marchand, Retour à la cité des monstres semble être le premier roman de l’auteur… Mais on y trouve déjà ce qui fait la plume si particulière de Frédéric Soulier : les univers bien glauques, les personnages bien tordus, le tout raconté dans un langage assez cru et sans concession. Avec un petit plus, à mon goût : il n’avait pas encore pris cette déplorable tendance à aller chercher des mots que personne, ou presque, n’utilise. Ce qui me semble cohérent avec le milieu dans lequel il fait évoluer ses personnages.
Un premier roman fort bien réussi que j’ai lu avec beaucoup de plaisir, et que je conseille avec la réserve à placer sur tout les écrits de cet auteur : foies jaunes, couilles molles et culs-bénits, passez votre chemin !

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