La mort sur un plateau


Francisco Lozano
auteur auto-édité




4e de couverture :
Les meurtres en chambre close, le commissaire Martinot aime bien ça, dans les romans de John Dickson Carr. Il les apprécie beaucoup moins lorsqu’il doit mener l’enquête et que cela l’oblige à écourter des vacances bien méritées.
Son ancien collègue Santiago Blanco ne pensait plus être amené à collaborer avec Martinot. Il n’imaginait pas qu’un homme surgi du passé le conduirait, lui aussi, à se pencher sur la mort d’un ancien dictateur.
Au Costa Verde, la candidate du parti démocrate de gauche affronte une difficile campagne présidentielle en se demandant si la mort du dictateur aura une influence sur l’élection.
Entre whodunit et thriller politique, ce roman vous réserve bien des surprises.


Mon avis :
Pour les non-anglophones, « whodunit » vient de l’anglais « who (has) done it », ce qui se traduit par « qui l’a fait ? ». Quand on parle d’un roman policier, cela ne représente pas la condition sine qua non, mais pas loin. On pourrait même dire qu’il y a deux sortes de polars : ceux où l’on connaît l’assassin dès le début, et ceux où l’on se demande jusqu’à la fin si c’est le colonel Moutarde ou monsieur Prunelle… Comme il nous est expliqué, celui-ci fait partie de la deuxième catégorie. On se demande jusqu’au dénouement qui est derrière l’assassinat de l’ancien dictateur du Costa Verde. Enfin, personnellement, j’avais deviné le coupable dès les premières pages, mais Francisco Lozano nous promène de fausses pistes en voies de garage d’une manière assez subtile pour maintenir le doute. Le chapitre de clôture est encore suivi par un épilogue qui n’amène pas grand-chose, sinon la promesse d’une éventuelle suite, mais du coup se ferme d’une façon un peu abrupte.
Il s’agit plus d’un polar sur fond de politique que d’un véritable thriller politique. La conjoncture décrite ici évoque assez clairement des événements assez récents concernant l’Amérique latine et son évolution politico-sociale. Ce récit nous propose une belle galerie de personnages, même si certains, parmi les secondaires, frisent un peu la caricature. Au moins, les liens entre eux sont clairs et on s’y retrouve facilement.
La trame est bien montée, ce qui devrait aboutir à une histoire solide… Malheureusement, l’ensemble souffre d’une réalisation loin d’être aboutie. Les fautes de style sont nombreuses et variées, allant des répétitions aux phrases mal tournées, jusqu’à quelques fautes de syntaxe (peu nombreuses, il est vrai). Mais ce qui saute aux yeux et nuit le plus à ce texte, c’est une ponctuation absolument catastrophique. D’abord, l’auteur ne connaît que le point et la virgule… Sans aller jusqu’à demander des points-virgules − je sais que c’est une pratique qui se perd −, au moins aurait-il pu nuancer son récit de quelques points d’exclamation, de deux-points ouvrant une explication, voire de points de suspension… Que nenni ! Des points et des virgules ! Si au moins ces dernières étaient disséminées avec soin, ce serait moindre mal, mais les virgules brillent par leur absence là où elles seraient indispensables, et celles qui sont présentes devraient souvent être remplacées par un autre signe.
Visiblement, l’auteur a de grosses lacunes, côté ponctuation. Je ne sais pas s’il a utilisé les services de relecteurs, mais dans ce cas, je lui conseille vivement de se tournes vers d’autres partenaires, plus compétents. Soigner l’orthographe n’est pas suffisant pour faire livre abouti. La mort sur un plateau aurait pu être un bon roman, il lui manque un gros travail de finition.

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