Avoir un corps

Brigitte Giraud





4e de couverture :
« Des vêtements à peine écartés, des ventres et des reins maladroitement caressés. Des intentions plus que des actes. On donne, on offre, on laisse à l’autre le soin de prendre, de saisir, de posséder. Mais l’autre est dans le trouble de la conquête, avec le trop-plein de lumière qui éclaire la chambre. Il est difficile d’accéder au secret en plein jour. Alors les yeux se ferment, les doigts s’agrippent et les cuisses s’extraient des pantalons. Il cherche, soulève, accélère. Je veux bien, veux tout, ne résiste pas. »
Avoir un corps est la trajectoire d’une enfant qui devient fille, puis femme, racontée du point de vue du corps, une traversée de l’existence, véritable aventure au quotidien où il est question d’éducation, de pudeur, de séduction, d’équilibre, d’amour, de sensualité, de travail, de maternité, d’ivresse, de deuil et de métamorphoses. L’écriture au réalisme vibrant, sensible et souvent drôle, interroge ce corps qui échappe parfois, qui ravit ou qui trahit. Un roman qui rappelle que la tête et le corps entretiennent un dialogue des plus serrés, des plus énigmatiques.


Mon avis :
J’avais lu, il y a quatre ou cinq ans, Journal d’un corps, de Daniel Pennac. Le livre de Brigitte Giraud en est un peu le pendant féminin. Les deux auteurs nous content une histoire de vie du point de vue du corps, c’est-à-dire des sensations, des émotions et de leurs répercussions sur le plan physique.
Pennac, dans son livre, explore cette matière sur toute la durée de vie de son personnage, depuis ses premiers souvenirs d’enfance jusqu’à l’heure de son décès. L’auteure de Avoir un corps ne mène pas son personnage aussi loin en âge, mais sa féminité lui permet de parler de la maternité, un bouleversement qu’aucun homme ne connaîtra jamais. Elle nous parle aussi du rapport mère/enfant, et aborde le thème du veuvage et du vide qu’il laisse.
On se laisse facilement entraîner par la plume alerte de Brigitte Giraud et l’on suit avec plaisir les épisodes de la vie de cette fillette, jeune fille et bientôt femme et mère. C’est vivant et l’humour y est omniprésent, particulièrement dans les souvenirs d’enfance. Si je n’avais pas lu le livre de Pennac avant, j’aurais sans doute été plus enthousiaste, mais, malgré ses qualités, le roman de Brigitte Giraud ne supporte pas la comparaison. Pennac va plus loin, plus profond, et peut-être parce que son roman est un peu plus « romancé », sa plume est plus libre. Son Journal d’un corps est celui d’un corps qui nous décrit sa vie, Avoir un corps reste trop cérébral même si l’auteure parle bien du corps. On n’est pas toujours sûr que c’est bien ce corps qui tient la plume, et ça fait toute la différence.

Cela dit, Avoir un corps est un bon livre, intéressant et agréable à lire, mais pour l’apprécier pleinement, je conseille de le lire avant celui de Pennac.

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