Alice chevauche la tempête


Elissa Bejaoui
Auteur auto-édité




4e de couverture :
À trente-huit ans, Alice, cadre supérieur dans une grande entreprise, s’interroge encore sur le sens de sa vie.
Son existence pourrait se dérouler ainsi, dans la routine anesthésiante de ses réunions professionnelles et familiales.
Mais Alice est énergique, indépendante et forte. Elle se jette dans la bataille, prête à son travail une importance qu’il n’a pas, s’émeut de la tristesse de ses liens familiaux, continue de séduire et de vouloir aimer.
Jusqu’au jour où dans une salle obscure, auprès de l’un de ses amants, Alice visionne un film dont elle est la vedette…


Mon avis :
C’est très exactement dans ce genre de situation que j’apprécie le mieux ce travail de chroniqueur : quand je suis sollicité par une personne inconnue et qu’en acceptant son livre je découvre une pépite comme Alice chevauche la tempête.
Voilà donc un livre dont je n’avais pas entendu parler sur les réseaux sociaux ou bien suis-je passé à côté ? Le titre qui ne m’inspirait rien, peut-être, ou je l’avais classé comme une romance, genre dont je ne suis pas vraiment friand. Après lecture, et selon mes critères, ce livre n’est définitivement pas une romance. Juste un roman qui parle d’amour, mais pas que…
J’avoue qu’au départ, si l’écriture d’Elissa Bejaoui m’a séduit dès les premières lignes, je me demandais un peu où elle voulait m’emmener… Alice ne se découvre pas facilement ! Mais il y a cet alignement quasi parfait des mots, ce défilement sans heurt, ce déroulement du phrasé qui agit comme une petite mélodie obsédante, de celles qui vous font bouger les pieds malgré vous. On est envoûté, on se laisse porter, et plus on avance dans cette œuvre, plus on en perçoit la finesse, la richesse.
Alice chevauche la tempête, c’est l’histoire d’une femme qui se dit que sa vie est vide et se laisse habiter par ce sentiment. C’est l’histoire des choix que l’on fait, ou de ceux que l’on ne fait pas. C’est l’histoire de ce qu’on dit et ce qu’on ne dit pas. Alice chevauche la tempête, c’est une sacrée histoire qui ose nous emmener sur des chemins bien surprenants, et le fait avec une telle aisance que tout paraît naturel, même l’invraisemblable.
C’est aussi le premier roman d’Elissa Bejaoui, mais il pourrait tout aussi bien être de dixième, tant la plume est maîtrisée, précise et sûre. Un vocabulaire riche et varié, une inventivité qui ne craint pas de s’exprimer, un ton, un style…
En cherchant la petite bête, je pourrais reprocher une ponctuation qui m’a fait tiquer, en deux endroits. De même, je trouve dommage que l’auteur se soit resservi, à deux occasions, d’une expression peu usitée. La première fois, on se dit que c’est bien trouvé, la deuxième, ça fait un peu factice, surtout si leur emploi n’est pas très éloigné
Vous allez dire que je chipote… C’est vrai ! Mais quand on s’approche à ce point de la perfection, les petits détails n’en deviennent que plus visible, et les grands méchants chroniqueurs plus exigeants !
En attendant, Elissa Bejaoui est d’ores et déjà dans ma liste des auteurs à suivre.

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