300 mots


Richard Montanari




4e de couverture :
300 mots. C’est ce que le rédacteur en chef de Nick Stella, journaliste criblé de dettes, lui concède pour évoquer une affaire brûlante : un prêtre retrouvé mort en compagnie d’une prostituée, une seringue d’héroïne plantée dans le bras. Un coup médiatique qui pourrait bien apporter à Nick la reconnaissance dont il rêve. Mais ce qui n’était qu’un sordide fait divers va le conduire sur les traces d’un tueur psychopathe. Dans l’ombre, celui-ci observe cinq proies… L’une d’entre elles, il le sait, est responsable de la mort, vingt ans plus tôt, d’une adolescente lors d’une soirée d’Halloween. Et l’heure est aux souvenirs et à la chasse aux sorcières…


Mon avis :
La quatrième de couverture reproduit des extraits de presse plutôt aguichants… Jugez donc :
« Un des meilleurs thrillers qu’il nous ait été donné a lire ces dernières années. » Le Figaro Magazine
« Un suspense impeccable. » L’Express
« Des chapitres court, intense, qui ne laissent aucun répit. Lecteurs insomniaques, vous en aurez pour votre argent ! » ELLE
D’accord, les chapitres sont courts. D’accord aussi, côté suspense, c’est assez réussi. Je sais aussi que la frontière entre thriller et policier est assez floue, mais pour moi, ce roman penche nettement vers les polars. Pour le reste, je ne suis pas certain que 300 mots mérite autant d’éloges…
C’est vrai que la construction à trois narrateurs est bien équilibrée. On passe successivement du point de vue du journaliste-enquêteur à celui du tueur, puis d’une femme indirectement mêlée à l’affaire. Mais ça, c’est juste une astuce d’écrivain (utilisée par quasiment tous les auteurs) pour ne pas dévoiler trop d’un coup… Rien de nouveau sous le soleil, donc ! Il reste que si le criminel et la femme sont des personnages qui accrochent le lecteur, le journaliste, qui devrait théoriquement être le personnage central du récit, ne trouve son épaisseur que dans les derniers chapitres. Avant cela, il manque cruellement de charisme…
De la même façon, les chapitres courts et la succession de personnages permettent de maintenir l’intérêt, mais, à mon goût, on sent trop le côté artificiel de la procédure littéraire, et comme son personnage principal, le roman ne prend véritablement son envol que dans le dernier tiers où les choses s’accélèrent. À partir de là, effectivement, le lecteur retient son souffle en passant sur le versant « thriller ». Un bon point aussi pour le « méchant » de l’histoire : on pense plusieurs fois découvrir son identité, mais le final est vraiment surprenant.
Dans l’ensemble, 300 mots est un bon polar, assez prenant et plutôt agréable à lire, mais on s’attendait à mieux. La mise en avant des phrases les plus élogieuses de la presse nuit finalement à la satisfaction du lecteur.

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